L’identité de Midi-Pyrénées : tourmentée et généreuse
Midi-Pyrénées : ce nom est a priori un anachronisme : il accole deux noms « Midi » et « Pyrénées » qui n’ont pas de rapports directs entre eux. On pourrait donc penser que Midi-Pyrénées n’est qu’une division bureaucratique et artificielle dont l’existence et les contours ont été décidés depuis Paris.
Erreur : Midi-Pyrénées possède bel et bien une identité, voire une âme.
De grands auteurs Français ou allemands ont bien expliqué comment un territoire se forgeait une identité : cette dernière est le produit de deux facteurs : d’une part, un passé et une histoire commune, d’autre part, une volonté, un désir de vivre ensemble, un sentiment d’appartenance à une même communauté (Malraux : « un rêve d’avenir partagé »).
Ces deux éléments, objectifs et subjectifs, s’appliquent bel et bien à Midi-Pyrénées : Tout au long de son histoire, les hommes – et les femmes – ont façonné un esprit, une personnalité propre à notre région.
Les liens qui unissent les Midi Pyrénéens sont faits de tourments et de générosité :
Le tourment de l’Histoire
La sagesse populaire dit que « les peuples heureux n’ont pas d’histoire ». Midi-Pyrénées prouverait le contraire en ce sens qu’y vit une population heureuse qui a rencontré l’histoire.
Cette histoire est au premier chef celle dramatique et tourmentée des cathares, souvent interprétée comme une guerre de sécession à la française à l’issue de laquelle nos populations, rebelles et jugées hérétiques, de l’Ariège au Lauragais en passant par l’Albigeois, ont été durement châtiées par les barons du Nord.
Les tourments de la nature :
Le lien entre les Midi-Pyrénéens est aussi physique : il est fait d’air, d’eau et de roches :
- L’air c’est le vent d’autan, vent violent, excessif, insaisissable, vent, de Castelnaudary à Valence d’Agen qui rend fou (tout en ne soufflant pour autant, statistiques officielles de Météo France à l’appui, que 90 jours par an). Il a soufflé très fort le 11 novembre 1995 jour historique de la victoire du XV de France sur les All Blacks Néo-Zélandais qui, venant pourtant d’une terre exposée au quatre vents, n’ont pas su domestiquer « notre » vent.
- L’eau : Des torrents tumultueux du Val d’Aran au rivages plus assagis des confins du Tarn-et Garonne, la Garonne est le fil naturel visible qui réunit les Midi-Pyrénéens.
Ce fleuve se double d’un fil artificiel, en ce sens qu’il résulte du génie d’un homme, Pierre Paul Riquet. Ce dernier avait eu la vision de relier l’Atlantique et la Méditerranée par le Canal du Midi.
Plus de deux cents ans plus tard, nous éprouvons des difficultés incompréhensibles à tripler ce fil par une ligne de chemin de fer à grande vitesse qui doit être aujourd’hui au cœur de notre action.
- La roche : notre région s’appuie sur le tiers le plus élevé de la chaîne pyrénéenne : tous ses sommets de plus de 3000 m sont dans la partie centrale. Les Pyrénées, de par leurs paysages, forment un site exceptionnel de beauté. Loin d’être une frontière naturelle avec l’Espagne, elles sont aujourd’hui un lien commun avec nos voisins catalans ou aragonais.
De la même manière que le calcaire de la vallée du Lot, la roche des Pyrénées imprime sa marque sur ce qui fait notre spécificité par rapport aux gens du Nord de la Loire : notre accent. C’est justement que Nougaro disait « qu’un torrent de cailloux roule sous ton accent ».
Une lumière généreuse
Ce qui frappe le visiteur étranger lorsqu’il vient en Midi-Pyrénées : c’est aussi la couleur ocre de la brique : celle que l’on doit à l’art roman et qui s’exprime à travers les sites emblématiques de la basilique Saint Sernin à Toulouse, la Cathédrale d’Albi ou le clocher de Saint-Bertrand de Comminges. La brique comme toile de fond de notre paysage Midi-Pyrénéen, ce sont aussi les bastides du Gers, du Tarn et du Tarn-et-Garonne, qui après l’épisode du catharisme, constituent un plan de ville de nature à imposer l’autorité du Roi de France. Enfin, symbole de ce qui fait l’architecture de notre région : Toulouse que l’on nomme la Ville rose pour la couleur de la brique de ses toits.
Equilibre entre développement économique et qualité de vie
Aujourd’hui, Midi-Pyrénées balance entre développement économique et qualité de vie.
Après la période de prospérité de l’or bleu du pastel au XVème siècle qui fera de notre région un pays de cocagne, celle-ci traversera une longue période de songes en restant à l’écart des grands mouvements d’industrialisation, notamment au XIXème siècle.
Très longtemps, et encore aujourd’hui, Midi-Pyrénées est avant tout une terre agricole. Encore aujourd’hui, la contribution de l’agriculture au PIB régional représente le double environ de la moyenne nationale. Les produits agricoles de Midi-Pyrénées participent également à son rayonnement : le bœuf de l’Aubrac, les fromages de Roquefort ou le bleu des Causses, le haricot tarbais, les vins (Gaillac, Saint-Mont, Madiran, Cahors, Fronton), les prunes, les pommes, les fraises des vergers du Tarn-et-Garonne…
Cependant, sur le terrain économique, Midi-Pyrénées renoue avec l’ambition au XX ème siècle avec la grande aventure de l’aéronautique. La mythologie, bercée de romantisme, est née avec les pionniers fameux : Saint-Ex, Daurat, Mermoz… Elle s’est poursuivie au plan industriel avec les défis des programmes Caravelle, Concorde et Airbus. Tous ces noms sont aujourd’hui associés à la capitale de Midi-Pyrénées, Toulouse.
Le défi est aussi celui de la conquête spatiale : Toulouse est la capitale européenne de l’espace. Elle peut s’enorgueillir d accueillir près de 9000 personnes qui travaillent dans des entreprises du secteur spatial : c’est du site toulousain du CNES que l’on contrôle les opérations de lancement de la fusée Ariane ; les deux grands constructeurs de satellites, EADS Astrium ou Thales Alenia Space sont également basés à Toulouse, sans compter les sièges de Météo France ou de la société qui fabrique les balises Argos encore basés à Toulouse.
Enfin et surtout, Midi-Pyrénées incarne aujourd’hui une certaine forme d’art de vivre faite de douceur. Cette qualité de vie s’exprime à travers sa cuisine. Longtemps dédaignée des gourmets parce que peu inventive, notre cuisine est une cuisine de terroir, simple, généreuse, goûteuse. Elle prend sa revanche en devenant à la mode comme en témoigne l’ouverture et le succès de nombreux restaurants qui pratiquent cette cuisine à Paris.